En 1937 parait une brochure de Paul Creissent et André Thouvenel, deux caricaturistes, qui vont présenter une série de personnages de la pharmacie de ces années 19301. L’ouvrage avait été édité en une centaine d’exemplaires numéroté par les Éditions de l’Avenir de la Pharmacie, un revue dédiée à la publicité pharmaceutique. L’exemplaire en ma possession est le N°179 et est dédicacé par Thouvenel à Maurice Bouvet en 1957, vingt ans après la parution initiale.
Cette deuxième partie est consacrée à une sélection d’industriels de la pharmacie et assimilés avec les commentaires des auteurs.
Léon Darrasse. « Probablement le Doyen de nos droguistes. Travailleur acharné qui, grâce à une verte vieillesse, continue à diriger son importante maison, et à présider de nombreuses sociétés.
Chef d’une famille où se conservent intactes les vertus de cette bourgeoisie française, dont on ne proclame actuellement et malheureusement que les défauts.
Mais que sont souvent les défauts, sinon des qualités prolongées ? »
La maison a été fondée en 1836 par MM Jouen et Faure, rue Saint Martin, à Paris. Quelques années plus tard, une jeune homme, M. J-B. Darrasse, venu des Landes à Paris pour chercher une situation, était engagé à l’essai comme petit employé; il fut bien vite remarqué par ses patrons et M. Jouen étant décédé, M. Faure le prit comme associé. Le siège ayant été transféré 21 rue Simon-le-Franc : la raison sociale est devenue alors successivement Faure et Darrasse, J. Darrasse et Cie, puis Darrasse et Cie. Après la retraite de M. J-B. Darrasse en 1879, ses cinq fils prirent la direction de la maison en s’associant pendant quelques années avec M. Landrin. En 1902, la raison sociale devint « Darrasse Frères » et en 1923, la maison se transforma en Société Anonyme : « Les Etablissements Darrasse Frères », au capital de 15 millions.


M. Albert Salmon. « Un climat favorable dans une époque propice, des collaborations amicales telles qu’on n’en saurait imaginer de nos jours, par dessus tout, sa forte personnalité, avec tout ce qu’elle recèle de travail, de persévérance, de ténacité, de clairvoyance, ont produit les fruits que l’on sait.
C’est le self-made-man dans toute les acception élogieuse que les Anglo-Saxons donnent à ce terme.
Pour une fois, soyons anglais, et même américain, et saluons cet homme d’action.«
Albert Salmon exploite une officine 2 rue Carnot à Melun (Seine-et-Marne), « au coin Musard » la Pharmacie du Soleil depuis 1902, trois ans plus tard il fabrique une spécialité les Pastilles Salmon à base de goudron de Norvège, la formule n’est pas très originale. Il va proposer à des confrères qui fabriquent comme lui des médicaments de se réunir dans une coopérative, chaque membre que l’on baptise « sociétaire » s’engage à les promouvoir dans leur officine. Elles sont baptisées « socialités » .Les affaires se développent rapidement; l’entreprise s’installe dans des locaux neufs, 66 rue Dajot, des représentants sont engagés pour visiter les pharmaciens.
M. Marcel Lantenois. « Administrateur délégué des Etablissements Darrasse frères, il a succédé au regretté Jules Merveau comme Président du Syndicat de la Droguerie.
Un scientifique qui est devenu un commerçant avisé. Il conduit allègrement la grande droguerie traditionnelle… la dernière de ce caractère… à Paris, tout au moins, la maison qui atteint son centenaire en 1936.«
M. Marcel Lantenois. « Administrateur délégué des Etablissements Darrasse frères, il a succédé au regretté Jules Merveau comme Président du Syndicat de la Droguerie.
Un scientifique qui est devenu un commerçant avisé. Il conduit allègrement la grande droguerie traditionnelle… la dernière de ce caractère… à Paris, tout au moins, la maison qui atteint son centenaire en 1936. »
Léon Darrasse décède en 1942, c’était une personnalité, il a pendant de longues années présidé le Syndicat de la Droguerie française. M.Lantenois lui succède. Les succursales sont progressivement fermées ainsi que l’usine de Montereau-Foult (Yonne).


M. Ernest Moreau-Defarges. « Pharmacien et Docteur en Médecine, Président du Conseil d’Administration de la Cooper de Melun.
C’est aussi un homme de lettres et un ardent propagandiste de l’éducation physique. Le premier a publié des études sur le Balzac de la Rabouilleuse et sur Georges Sand, le deuxième a été le fondateur du Stade de la Baule. L’homme lui-même c’est l’affabilité personnifiée.«
.
Ernest Vaillant. « Il suit assidûment toutes les réunions professionnelles. Que n’a-t-il présidé, et que ne préside-t-il pas ?
Cela signifie qu’il est dévoué, altruiste, et qu’il possède une autorité certaine, conséquence d’un jugement sain, d’une compétence éprouvée… et d’un excellent caractère.
Car si les pharmaciens sont difficiles à mener, il ne faut pas oublier que les fabricants sont des pharmaciens à la nième puissance. »
En 1916, la Maison Frére 16 rue Jacob, Paris VI°est reprise par Ernest Vaillant. Il absorbe les laboratoires Defresnes qui fabriquent une gamme de produits opothérapiques. La production est réalisée 77 rue Falguiére, Paris XV°.
En 1928 les principales spécialités sont le Quinium Labarraque, la Pancréatine et la Pepsine Defresne. Le catalogue dans les années trente comprend de très nombreux produits: Audigénine, les ferments Guyot, Goudron Guyot, Quinium Labarraque, Pancréatine, Pepsine Defresne, les extraits opothérapiques Defresne, les pastilles de Charbon de Belloc, les produits de parfumerie Ceylana et le dentifrice Dentol.
https://www.shp-asso.org/histoire-des-laboratoires-vaillant/


M. Gorges Tixier. « C’est le roi des Vitamines et des produits biologiques.
Un homme précis et direct, chez lequel le sens des affaires n’a pas étouffé les propensions scientifiques.
Ses laboratoires sont toujours au premier rang pour tout ce qui concerne les nouveautés biologiques. Par ailleurs, très aimable, bien que sportif.«
Les laboratoires Tixier sont installés dans les années trente, ils fabriquent une gamme de produits opothérapiques vendus sous la marque Biotix sous forme d’ ampoules injectables et de comprimés. Ils sont installés 55 rue du Centre à Pantin (Seine-Saint-Denis) à proximité des abattoirs de la Villette ce qui facilite l’approvisionnement des organes.
En 1934 ils produisent une spécialité le Bain Bagno Radio-Actif, c’est une synthèse des éléments minéraux des eaux de Bagnoles-de-l’Orne suractivée par le bromure de radium, l’alun et le bicarbonate de soude. Elle est indiquée pour les troubles circulatoires et les rhumatismes chroniques.
Ils cessent leur activité en 1954, le Bain Bagno est cédé aux laboratoires des Produits Scientia, la production cesse en 1957.
M. Gaston Réaubourg. « Une des personnalités les plus marquantes de la profession et de l’industrie pharmaceutique.
C’est un bibliophile fervent, un amateur d’art éclairé, d’un art qui part de la peinture pour aller jusqu’au chant des vins de France et de la gastronomie. Grand voyageur, il est aussi friand de politique. Maire de Vetheuil et Conseiller général de Seine & Oise…en attendant mieux. »
Réaoubourg est plusieurs fois cité dans notre revue comme collectionneur : « M. Réaubourg, docteur en pharmacie à Boulogne-sur-Seine, possesseur d’une très belle collection de jetons et médailles pharmaceutiques, s’inscrit comme » membre bienfaiteur » en mémoire du grand historien de la pharmacie, Eugène Grave, de Nantes, qui fut son ami et son « parrain » à la S. H. P., au lendemain même de sa création. »(Guitard Eugène-Humbert. Dernière heure : les amis de la S.H.P. à l’oeuvre. In: Revue d’histoire de la pharmacie, 25ᵉ année, n°97, 1937. pp. 54-55. www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1937_num_25_97_11465 )


M. François Debat. « L’heureux fabricant qui a su donner à sa publicité médicale un caractère d’art et de goût indiscutables.
C’est un collectionneur fervent. Il a pu réunir des centaines de vases et de mortiers de toutes les époques et de tous les pays, de toutes les tailles et de toutes les matières.
Et des seringues, donc !… à faire écarquiller les yeux, à faire crisper les faces ».
En 1925, le laboratoire de l’Inotyol change de nom et devient Laboratoires du Docteur Debat, deux ans plus tard, ils quittent la rue des Petits Champs et déménagent 12 rue Saint Anne, les médicaments sont produits dans une usine à Neuilly rue Edouard-Nortier.
En 1929 le siège est transféré 60 rue de Prosny, une usine moderne est construite à Garches. La conception de l’usine est originale, c’est une usine-jardin dans un parc de cinq hectares, le personnel est logé sur le site dans des pavillons.
Elle est dotée d’un centre de recherche qui développe des produits opothérapiques: Provital, Dynoton, Robax, et des vaccins thérapeutiques.
En 1993, Jacques Debat sans héritier, cède aux laboratoires Fournier de Dijon, l’usine et le siège social sont vendus. En 2006 les laboratoires Fournier sont à leur tour absorbés par le groupe chimique Solvay qui revend deux années plus tard son activité pharmaceutique aux laboratoires Abbott.
M. François Prévet. « Docteur es-sciences physique, docteur en droit, docteur en pharmacie. Malgré sa naturelle modestie, ces titres éminents en font le conseiller autorisé de son syndicat de fabricants. on lui doit une bonne part des modifications profondes qui viennent d’être apporté au statuts du S.G.R. » (Syndicat Général de la Réglementation). Il était aussi le directeur général du laboratoire du Gomenol« .
L’histoire de l’entreprise du Gomenol commence avec la famille PREVET, une famille d’industriel qui a pris la mesure de l’industrialisation en matière alimentaire. Tout au long du XIX° siècle, les Prevets vont investir dans la conserve de légumes puis de viande qui sera précieuse dans les conflits. C’est vers 1888 que Jules Prevet décide de tenter l’aventure pour étendre les sources d’approvisionnement des usines PREVET. Jules et Charles, son frère, sont associés dans la conduite de la Compagnie Française d’Alimentation dont le siège est à Paris, rue des Petites Ecuries, dans un hôtel particulier de style Louis XVI, et les usines de fabrication de conserves à Meaux (Seine & Marne).
François Prévet devint le Pharmacien responsable de l’entreprise en 1927

M. Pierre Zizine.
« Fabricant heureux, si on peut qualifier ainsi ce qui n’est que le résultat d’initiatives hardies, précédées d’une préparation méticuleuse, d’un sens des affaires…et peut-être aussi, pour un spécialiste, de l’imprévu d’un nom qui s’insinue gentiment, gazouillant et zézayant, dans la mémoire des prescripteurs. »


M. Charles Comar. « Depuis la mort de son frère regretté, Léon Comar, reste le représentant direct de la puissante firme de la rue des Fossées-Saint-Jacques.
L’un des adeptes de la Réglementation. Aimable et accueillant. »
Charles Comar est né le 10 décembre 1871, il est ingénieur (Ecole centrale de Paris) et pharmacien. En 1908 il participe à la création du Syndicat de la réglementation des produits pharmaceutiques prémice de l’organisation professionnelle de l’industrie pharmaceutique. Il est président du Syndicat général de la répartition des produits pharmaceutiques et hygiéniques. Il s’occupe particulièrement de la mise au point des nouveaux produits et des recherches.
Ils construisent une usine moderne à Massy (Essonne) avec des ateliers de chimie de synthèse et de conditionnement . En 1912, ils achètent le laboratoire Clin installés 20 rue des Fossés-Saint-Jacques, Paris V° qui apporte les Solutions du Dr Clin, des solutions de métaux colloïdaux, des médicaments injectables les Arrhéniques présentés sous une forme originale, les tubes stérilisés Clin.
En 1920, ils prennent une participation majoritaire dans les Etablissements Byla. Ils ont été fondé en 1911, la liste de leur médicaments est importante: les Energétènes végétaux, l’Enésol et toute une gamme de produits d’opothérapie.
En 1932, Léon Comar décède, l’entreprise est transformée l’année suivante ne SARL dont Charles Comar devient président, son neveu Raymond (1899-1991 et son fils Yves (1899-1969) vont prendre progressivement la direction de l’entreprise.
M. Albert Ranson. « Dirige intelligemment un laboratoire de produits spécialisés bien connus. Que ne le connaissons-nous mieux pour en dire tout le bien qu’en disent ses amis ?«
Albert Ranson met sur le marché en 1927 une spécialité l’Opocalcium à la suite des travaux du Dr Guersant sur l’assimilation et la fixation du calcium. Il s’agit d’une association de produits opothérapies (extraits de glandes endocrines, parathyroïde, surrénale, thymus, hypophyse et de sels de calcium, de magnésium et de manganèse. Elle est fabriquée sous forme de cachets, comprimés, poudre, granulé.
L’Opocalcium est décliné associé à du sel d’arsenic ( Opocalcium Arsenié), du gaïacol (Opocalcium Gaiacolé), de la Vitamine D (Opocalcium Irradié), du fer organique (Opoferrine).
Le laboratoire est installé 121 avenue Gambetta, Paris XX°. Il publie la revue Regard sur le monde, édition médicale illustrée à partir de 1930
Il commercialise l’Anaclasine, un cholagogue désensibilisant composé de vingt peptones et d’Hyposulfite de magnésium.
Après la Seconde guerre mondiale, l’entreprise est rebaptisée Laboratoires de l’Opocalcium, il est installé 96 rue Orfila, Paris, le catalogue évolue peu.
Ils sont absorbé par les laboratoires Mayoli Spindler en 1995


M. François Barral. « Un pharmacien ayant une solide préparation scientifique qui, grièvement blessé pendant la guerre, est entré, en 1917, aux Usines du Rhône.
Il est administrateur délégué de Spécia, section des Usines du Rhône, qui a pris en mains les spécialités pharmaceutiques de la Compagnie.«
Pendant la seconde guerre mondiale, François Barral (1889-1944) a joué un rôle important avec Marcel Bô dans les relations entre Rhône-Poulenc et le groupe allemand IG Farben/Bayer en 1941/42, permettant la sauvegarde de l’indépendance de Rhône-Poulenc. « Son nom est associé à la mise au point de nombreux produits pharmaceutiques de synthèse tels que les antimalariques, les vitamines et les composés sulfanidés dont l’emploi a modifié l’évolution et le pronostic de maladies graves »(JPC 1944). Fais chevalier de la Légion d’honneur à Verdun, il avait été nommé officier en mai 1936, en raison des services qu’il avait rendu à l’Industrie Pharmaceutique française.
M. Maurice Bouvet. « C’est un fervent historien de l’histoire de la pharmacie. Son récent et copieux ouvrage publié sious ce titre est une très belle oeuvre d’érudition. C’est un confrère modeste et timide, mais un amateur d’art avisé. » Ce n’est qu’en 1905 que se crée la « Société des Etablissements GOY ».
C’est sur la chaude recommandation de Valeur que M. Bouvet entra en 1911 aux Etablissements GOY comme directeur de l’usine de Bagnolet. La firme GOY fabriquait alors essentiellement des capsules mais la disparition d’Adolphe GOY amena une nouvelle direction avec Gabriel BEYTOUT, père de Pierre Beytout. En arrivant en 1911, M. Bouvet fit bénéficier l’entreprise de ses connaissances étendues en matière de comprimés, dragées, cachets, granulés et son ouvrage paru en 1919 sur les comprimés fut remarqué.
En 1918, Maurice Bouvet est nommé Administrateur délégué jusqu’au 13 décembre 1940 où il est nommé Président du Conseil-Directeur Général, fonction qu’il conservera jusqu’à sa mort en 1964.
Elu à l’Académie Nationale de Pharmacie en 1923, il en fut successivement le trésorier (1947-1949), puis le président (1951). Il fut par ailleurs actif au sein de l’Ordre des pharmaciens en prenant la vice-présidence (1947) puis la présidence de la section C (1948). Il fut membre de la Commission du Codex (1944) et de bien d’autres instances professionnelles.
En dehors de son activité professionnelle, Maurice Bouvet consacra beaucoup de temps et de talent à l’Histoire de la pharmacie : Il fut membre actif de la Société d’histoire de la pharmacie dès 1922. C’est à cette époque qu’il commença une collection de documents iconographiques et d’ouvrages que les familles Lordez et Bonnemain léguèrent à l’Ordre des pharmaciens, créant ainsi la collection Bouvet (plus de 2500 pièces) que chacun peut admirer aujourd’hui. Maurice Bouvet publia également de très nombreux articles : sur 350 mémoires conservés, 300 ont trait à l’histoire de la pharmacie. Il a en particulier publié un ouvrage devenu une référence : « L’histoire de la Pharmacie en France des origines à nos jours »


M. Le Perdriel. « Un nom qui est à l’origine de la spécialité, et qui est dignement porté par un confrère aimable et distingué ». C’est un peu court !!François Le Perdriel fonda les Laboratoires en 1823 ; son fils, Charles, lui succéda en 1859. Celui-ci, décédé en 1865, fut remplacé par sa veuve jusqu’en 1886, date à laquelle leur fils Albert prit la direction. Il céda lui-même celle-ci à ses fils en 1919. Cette unité de direction a conservé à la maison les traditions de principes et de conscience professionnelle et commerciale instaurés par son fondateur. »
La première génération pharmaceutique de la famille Le Perdriel vivait au début du XIX° siècle. François Le Perdriel fonda les Laboratoires en 1823 ; son fils, Charles, lui succéda en 1859. Celui-ci, décédé en 1865, fut remplacé par sa veuve jusqu’en 1886, date à laquelle leur fils Albert prit la direction. Il céda lui-même celle-ci à ses fils en 1919. Cette unité de direction a conservé à la maison les traditions de principes et de conscience professionnelle et commerciale instaurés par son fondateur.
François Le Perdriel fut le créateur de la Toile vésicante rouge et s’adonna tout particulièrement à la fabrication de tous les produits pour l’établissement et le pansement des cautères ainsi que des sparadraps. En 1836, il inventa la fabrication des bas en tissu élastique, progrès immense dans le traitement des varices.
Charles Le Perdriel introduisit dans la thérapeutique l’usage de la Résine de Thapsia Garganica et fut le premier en France à donner aux médicaments la forme effervescente qu’il adopta pour les Sels de lithine, les Sels purgatifs et les Sels de fer. La veuve de Charles Le Perdriel se chargea de la fabrication de la Fucoglycine du docteur Gressy, succédané naturel de l’huile de foie de morue.
M. Paul Métadier. « Pharmacien à Tours, fabricant d’une des premières spécialités qui ont eu la faveur du détaillant, Paul Métadier a montré ses qualités d’administrateur comme maire de Royan.
Il a été l’un des premier à parler de phytopharmacie à ses confrères en leur montrant, au moyen d’une documentation précise, l’importance de cette question. »
C’est lui qui va commercialiser en 1910 un analgésique sous forme de cachets la Kalmine qui va devenir le médicament vedette du laboratoire. Kalmine. Par la suite, le laboratoire fabrique les azymes, les amidons sont cuits dans un gaufrier 12 postes après avoir été stockés pour reprendre l’humidité , les cupules sont découpées manuellement, cette activité emploie 10 personnes.
A partir de 1930,les cachets sont remplis à l’aide de machines automatiques misent au point par Henri Wierzbinski, la production mécanique est de 20 000 cachets à l’heure, en 1955 lle laboratoire en possède une dizaine., c’est le plus important fabricant français de cachets. Ils sont conditionnés en boite de 1, 2, 6, 12 avec une machine automatique également construite par Henri Wierzbinski.


M. Raymond Comar « est le précieux collaborateur de M. Charles Comar, son oncle, dans la maison de la Rive gauche, bien connue pour ses produits.
M. R Comar est d’une activité infatiguable. il s’occupe principalement des questions commerciales d’exportation ».
Juste après la Grande Guerre, Raymond COMAR, né en 1899, fils de Léon, initie le rapprochement avec les Etablissements BYLA. La Société « COMAR et Cie » prend alors une participation majoritaire dans BYLA, qui conserve toutefois son siège social au 26 avenue de l’Observatoire. Le nouvel ensemble dispose désormais de deux centres de production neufs et performants, Gentilly et Massy, qui vont régulièrement bénéficier d’importants investissements de mise à niveau, tant pour les départements de recherche que pour ceux de la production Les Etablissements BYLA et les laboratoires CLIN mettent au point, fabriquent et commercialisent leurs propres gammes thérapeutiques : organothérapie et opothérapie pour BYLA, chimiothérapie et préparations galéniques pour CLIN.
En 1925, est créée et installée dans les ateliers de Massy, sous l’impulsion d’Yves COMAR, fils de Charles, la Société S.E.M.P.A. (Société d’Extraction de Matières Premières Alcaloïdiques), spécialisée dans l’extraction et le traitement des alcaloïdes de l’opium (morphine, codéine, papavérine…), de l’ipéca (émétine) et de l’écorce de grenadier (pelletiérine). Le développement international se réalise non seulement dans les pays qui constituaient alors l’Empire français, mais aussi, par le biais des agents du « Groupe COMAR », réseau commercial dynamique fondé dès 1910, en Egypte, au Liban et en Amérique latine. En Belgique, Italie et Espagne des sociétés sont créées par des exploitants locaux avec l’appui financier de CLIN et de BYLA – tous deux sociétés d’exploitation de « COMAR et Cie » – pour la commercialisation en licence des produits.
M. Daniel-Brunet. « Lorsqu’on ne connaît quelqu’un que pour l’avoir vu et dessiné sans autre, on en est réduit à demander des renseignements à ceux qui le connaissent mieux. On n’est guère plus avancé.
Il y a toutefois un point sur lequel tout le monde est d’accord. C’est un homme très intelligent ». Le professeur Coutière avait ajouté « Avec Daniel-Brunet « on a devant soi un chef, c’est à dire un homme qui sait promptement et sans peur, voir la forêt sans s’occuper des arbres, choisir ses responsabilités et, croyons-nous, aller droit aux solutions énergiques, dussent-elles alarmer les timides et les irrésolus ».
Fondateur de ses laboratoires, il honora la profession pharmaceutique entrée pour la première fois avec lui à l’Institut, par la porte des Beaux-Arts. De ses plus belles mains d’aristocrate, il cultivait la fleur de l’amitié, et seul celui qui a eu le bonheur d’être son ami connait à jamais l’enchantement et l’inépuisable magnifiscence de ce sentiment.
La beauté a été la religion de sa vie; il sut la créer, il sut s’en entourer et si un grand Pape a pu dire un jour : « je veux que mon peuple prie sur de la beauté », on peut dire en toute certitude que Daniel-Brunet voulut, lui, « travailler dans la beauté ».


M. Henri Bottu. « Encore un ami qui a mal tourné. Il a abandonné le professorat pour l’industrie pharmaceutique. Officier, il a beaucoup de galons. C’est un batailleur. Entendons ici, qu’il s’efforce depuis longtemps d’infuser à son Syndicat de fabricants un sens nouveau… celui de la compréhension, celui d’une solidarité plus précise avec les détaillants. On a souvent opposé à sa véhémence la puissance des forces… celle d’inertie… Et voilà que la place nous manque pour parler de Bottu, chasseur de fauves… mais nous pouvons toujours recommander la lecture de son ouvrage : A travers l’AFrique… en quatrième vitesse. »
« Les laboratoires Bottu furent créés en 1908 à Paris, rue Dupuytren, par M. H. Bottu, pharmacien-supérieur, ancien interne des hôpitaux, professeur de chimie et de toxicologie à l’Ecole de Médecine et Pharmacie de Reims, pour l’exploitation d’un seul produit, le Néol.
En 1921, M. Bottu créa un second produit, de Codoforme Bottu dans lequel le bromoforme, difficilement utilisable à cause de sa densité et de son insolubilité dans les milieux aqueux, est engagé dans une combinaison qui le rend difficilement dissociable et suffisamment stable pour être mis en comprimés. Cette combinaison, réalisée sous le nom de sel bromoformique de Bottu, et dont l’étude physique et physiologique a été présentée à la Société Thérapeutique de Paris, contient 60% de bromoforme et est associé à la codeïne, aux extraits d’aconit et de belladone, au benzoate de soude et à la terpine. L’enrobage des comprimés, résultant de nombreuses recherches, permet la parfaite conservation du noyau et n’est soluble que dans le milieu intestinal. »(SHP, 1929)
M. R. Février. « Il dirige une industrie pharmaceutique très appréciée, en association avec deux autres pharmaciens: MM. Decoisy et Champion. Il est peut-être le moins chevelu des trois, ce qui n’est, somme toute, qu’un hasard, mais il est aussi charmant que ses associés, ce qui n’est pas peu dire. »
En 1938, René Février est le Président Directeur Général de FDC, il s’occupe du service commercial, Léon Decoisy prend en charge les achats et Jules Champion la production.Léon Decoisy qui est un excellent galéniste développe la fabrication de granulés (les saccharures). FDC en devient le premier fabricant français.
Très novateurs, ils fabriquent des comprimés à double noyaux à l’aide de 12 presses Kilian Prescoater ainsi que des comprimés à double couche ; A côté de la production des cachets et des sachets, ils démarrent en France en 1958 la fabrication de gélules.
Ils fabriquent également des ampoules injectables dans un bloc stérile, des suppositoires, des pommades, des sirops, ainsi qu’une nouvelle forme pharmaceutique : les aérosols. L’entreprise va être ébranlée par la catastrophe du Stalinon, FDC respectait les normes de l’époque mais les médias les mettent violement en cause. Léon Decoisy et le directeur commercial Henri Genet sont poursuivis, Léon Decoisy décède en 1956 et l’action publique s’éteint en ce qui le concerne, quelques mois plus tard le dernier fondateur René Février décède à son tour.


M. le Dr Roussel. « L’homme dont les sept cents chevaux dispensent un sang généreux qui, sous forme de sérum désalbuminé et enclos dans le verre, s’en ira dans les pharmacies de France et de l’étranger. Qui pourrait dire mieux ? ». Le 1er décembre 1877, à Auxonne, naît Gaston Roussel d’un père vétérinaire. Après ses humanités, il entre tout naturellement à l’Ecole vétérinaire de Lyon dont il sort diplômé en 1903. Gaston Roussel créé, en 1911, un petit laboratoire pour l’exploitation du sérum de cheval provenant de la seconde saignée, donc régénéré. L’Hémostyl est né. Très rapidement, il devient le médicament classique contre les anémies, la tuberculose et les hémorragies.https://www.shp-asso.org/roussel/
M. C. David (Courbevoie). « C’est le directeur d’un de ces laboratoires dont on pourrait dire qu’ils mâchent la besogne aux spécialistes et aux néophytes en mal de lancement. Cela ne signifia point que David, secondé par ses fils, exerce une coupable industrie. C’est au contraire le plus scrupuleux des fabricants, et le meilleur des confrères ». En 1904 il crée rue de la Bitche à Courbevoie (Hauts-de-Seine) les Etablissements David-Rabot, l’entreprise est pratiquement exclusivement consacrée à la fabrication industrielle de produits pharmaceutiques pour des tiers, il se définit comme « un fabriquant-façonnier ».
Constant David est à l’origine de la création en 1910 de l’entreprise du constructeur de machines Edmond Frogerais qui fabrique à son attention une machine automatique à imprimer les pilules.Ils produisent des comprimés, des pilules, des cachets, des granulés, des capsules, des ampoules, des sirops, des suppositoires et des pommades. Entre les deux guerres ce sont les premiers producteurs de pilules, ils fabriquent les célèbres pilules Carter à l’aide d’une installation automatique fabriquée par la firme américaine Arthur Colton, ils sont les seuls à disposer de ce type de machines en France.Les dirigeants sont très impliqués dans la profession :Constant David est membre de la Chambre syndicale des fabricants et à partir de 1941 membre du Conseil Supérieur de la Pharmacie.Henry David est président de l’Union fédérale des syndicats pharmaceutiques et de la Chambre syndicale nationale de la droguerie pharmaceutique (l’ancêtre du LEEM), responsable des Journées Pharmaceutiques de Paris, membre de la commission permanente de la pharmacopée, vice-président de l’Association confraternelle des pharmaciens français et président de la Société de technique pharmaceutique. Son frère Ludovic est président de l’Académie de Pharmacie (1).


M. Pierre Bruneau. « Pharmacien, a le physique distingué d’un sympathique médecin de famille. Rapide, bref et décisif. Pansements stérilisés, recherche biologique, constituent le domaine de son laboratoire. Avec son associé M. Bernier, forme un tandem parfait. » Les laboratoires Bruneau, crées en 1908 par Pierre Bruneau (1880-1974) et L. Dernier sont les successeurs des laboratoires Triolet fabricants d’ampoules hypodermiques. Ils produisent des produits chirurgicaux: ligatures, catguts, pansements, anesthésiques, des ampoules hypodermiques et des spécialités. https://www.shp-asso.org/histoire-des-laboratoires-bruneau/
M. Robert Midy. « Le représentant d’une très vieille famille de pharmacien. François Midy était apothicaire à Douai. Sept générations de pharmaciens se sont depuis succédées dans cette famille. » En 1895, Léon, secondé par ses deux fils André et Marcel, supervise la transformation de l’officine en laboratoire de spécialités, l’un des tous premiers créés en France. A la mort de Léon MIDY, survenue en 1928, André et Marcel, tous deux pharmaciens, continuent la tradition sous la raison sociale «MIDY FRERES». Lorsque André meurt en 1933, son frère Marcel (1879 – 1968) s’associe avec ses propres fils, Robert et Pierre.https://www.shp-asso.org/midy/.


M. Louis Vernin. « Un petit-fils de Galien, industriel cette fois ! Il a créé à Melun des Laboratoires qui, par sympathie ou par symbiose, – que nous importe !-, ont suivi parallèlement la fortune de ceux de la Cooper. Un pharmacien probe, laborieux, et qui est resté malgré tout simple et modeste. » Nés à une époque où les pharmaciens d’officine exécutaient un grand nombre de prescriptions magistrales, le premier souci de Louis Vernin fut de mettre à leur disposition l’ensemble des produits de base indispensables : teintures, extraits mous, fluides, secs, extraits pour sirops, etc., et qu’il leur était pratiquement impossible de fabriquer dans leur officine. https://www.shp-asso.org/vernin/
M. Michel Comar. « Pharmacien et docteur en médecine, M. Michel Comar s’occupe de la direction des Établissements Byla de Gentilly, et spécialement des recherches biologiques. » Vers 1880, Louis Ferdinand COMAR, né en 1832 à Gisors, pharmacien rue de Cléry, puis rue Saint Bernard à Paris, décide de prendre à son compte la fabrication de formules pharmaceutiques spécialisées qu’il mettait au point ou qu’il exploitait pour le compte d’autres pharmaciens, souvent provinciaux. Juste après la Grande Guerre, Raymond COMAR, initie le rapprochement avec les Etablissements BYLA. https://www.shp-asso.org/byla/


Henri Peneau. Pharmacien et docteur es sciences, il a voué son existence aux études biologiques. il est directeur des recherches à l’U.C.L.A.F. Ce jeune savant est tenu en haute estime par ses collègues et des maîtres ». En 1937, Roussel fait appel à lui pour la direction des départements pharmaceutiques et biochimique de l’UCLAF. Il organise la production industrielle de nombreuses préparations : acide nucléique, insuline, carotène b cristallisés, vitamine A, etc. Il produit aussi des hétérosides : digitaline, ouabaïne, aloïne, esculoside et des alcaloïdes spartéine, éphédrine, hyosciamine, etc.
M. Jean Darrasse. « Grand de taille, c’est un homme charmant, précis et travailleur. Il dirige avec calme la firme dont il porte le nom et dont il est administrateur délégué. la droguerie traverse, on le sait, une période difficile. Nous espérons que ce droguiste de race saura surmonter les obstacles. » La maison a été fondée en 1836 par MM Jouen et Faure, rue Saint Martin, à Paris. Quelques années plus tard, une jeune homme, M. J-B. Darrasse, venu des Landes à Paris pour chercher une situation, était engagé à l’essai comme petit employé; il fut bien vite remarqué par ses patrons et M. Jouen étant décédé, M. Faure le prit comme associé...https://www.shp-asso.org/darasse/


M. L.-G. Toraude. « Nous oublierons le pharmacien, l’ancien président de syndicat, le fabricant, pour ne signaler que le publiciste, le romancier et surtout le poète. Car L.G. Toraude est le précieux artiste dont tous nos confrères connaissent les contes charmants, et ce petit chef-d’œuvre que sont les Galéniennes« . Dans la préface des Galéniennes, le Dr Helme, analysant l’œuvre de son ami Toraude, le présente comme un pharmacien « historien, philosophe, poète et même juriste… ». « Pour embellir sa vie, dit-il, et charmer les loisirs de ses confrères et de ses amis, il écrit et il chante. » https://www.shp-asso.org/toraude/
M. Jacques Salmon. « Docteur en pharmacie, il a pris place dans la maison paternelle. C’est un jeune administrateur distingué, qu’on dit rempli de qualités, et qui démarre avec de belles cartes dans son jeu. » Albert Salmon exploite une officine 2 rue Carnot à Melun (Seine-et-Marne), « au coin Musard » la Pharmacie du Soleil depuis 1902. Trois ans plus tard il fabrique une spécialité les Pastilles Salmon à base de goudron de Norvège, la formule n’est pas très originale. Il va proposer à des confrères qui fabriquent comme lui des médicaments de se réunir dans une coopérative, chaque membre que l’on baptise « sociétaire » s’engage à les promouvoir dans leur officine. Elles sont baptisées « socialités ». https://www.shp-asso.org/laboratoire-de-la-cooper/




