Apotheek Sint-Janshospitaal, Apothicairerie de l’Hôpital Saint-Jean de Bruges

Endroit Catégorie: Apothicaireries

Informations
Présentation du lieu

L'Apothicairerie conventuelle de l’Hôpital Saint-Jean de Bruges

Apotheek Sint-Janshospitaal (Mathieu Guerriaud)
L’ancienne pharmacie de l’Hôpital Saint-Jean de Bruges a été Installée en 1643 dans l’ancien cloître des frères, à proximité immédiate du Museum Sint-Janshospitaal, elle fut ensuite tenue par les sœurs de l’institution et resta en activité jusqu’en 1971. Son intérieur, très largement préservé comprend des armoires à simples, pots, cruches, flacons, mortiers, comptoir, livres de recettes et instruments de préparation. L’histoire du lieu s’inscrit dans celle du Sint-Janshospitaal, l’un des plus anciens ensembles hospitaliers conservés d’Europe. Fondé au Moyen Âge, l’hôpital accueillait malades, pauvres, voyageurs et pèlerins.  

 

Le Winckel Bouck

Winckel Bouk (Mathieu Guerriaud)
Le lieu est également associé à sœur Eleonora Verbeke, qui travailla à la pharmacie de 1750 à 1785. Le Winckel Bouck, commencé le 22 juillet 1751, se présente comme un véritable cahier de travail destiné à la pharmacie hospitalière. Son titre ancien le rattache explicitement à l’« hôpital du saint Jean à Bruges » et précise qu’il fut fait mettre par écrit par sœur Eleonora Verbeke, « religieuse et apothicaire » de l’établissement. Ce manuscrit n’est pas seulement un recueil de recettes, mais un instrument de transmission professionnelle. D’après L. J. Vandewiele, Eleonora Verbeke connaissait et utilisait des ouvrages pharmaceutiques imprimés, notamment le Licht der Apothekers de Jan Bisschop et la Pharmacopoea Bruxellensis de 1739. Elle éprouva cependant le besoin de constituer, pour elle-même et pour ses successeures, un livre plus pratique, décrivant les préparations selon « la manière la plus facile de les faire ». Le Winckel Bouck contient 179 recettes, principalement des préparations médicinales, mais aussi quelques recettes de cuisine et de confiserie alors liées au savoir-faire de l’apothicaire. Le texte est rédigé en néerlandais, avec une forte coloration brugeoise. Même les termes latins y sont souvent adaptés phonétiquement. Le document révèle aussi la circulation des savoirs thérapeutiques entre communautés religieuses. Vandewiele signale que d’autres mains ont écrit dans le cahier, y compris du vivant de sœur Eleonora, et cite notamment une recette transmise en 1763 par sœur Robertine de Sainte-Catherine, religieuse infirmière du couvent des Pénitentes d’Audenarde.

Pour aller plus loin :

L. J. Vandewiele, « Dit is een zeer goede remedie voor de vrauw persoonen. Een curiosum uit het Winckel Bouck van het Sint-Janshospitaal te Brugge. 1763 », Bulletin du Cercle Benelux d’Histoire de la Pharmacie, n° 81, septembre 1991, p. 26-28.  
🧭
Pourquoi visiter ce lieu ?

Cette apothicairerie vaut d’abord par son remarquable état de conservation. Les boiseries, les étagères, les récipients pharmaceutiques, les bocaux de verre, les pots de céramique et le mobilier de travail composent un ensemble cohérent, qui permet de saisir concrètement la matérialité quotidienne du soin dans une pharmacie hospitalière ancienne. La présence du Winckel Bouck, cahier de recettes associé à sœur Eleonora Verbeke, donne au lieu une profondeur supplémentaire.

La visite rappelle aussi l’importance du jardin médicinal, autrefois très vaste (3 000 m²), où étaient cultivées les plantes simples utilisées dans les préparations. Il est aujourd’hui évoqué par des carrés de plantes officinales, qui prolongent la visite en montrant le lien étroit entre botanique, pharmacie et soin hospitalier.

Loading...

Ajouter un commentaire

Pr Mathieu Guerriaud
Lire
Date
25 mai 2026
Catégories
Partager