Endroit Catégorie: Apothicaireries
Informations
Période historique: XVIIIᵉ siècle
Présentation du lieu
Apothicairerie de l’Hôtel-Dieu de Thoissey
Fondé en 1701 par Étienne Pollo, marchand drapier, l’Hôpital de la Charité de Thoissey reçoit l’appui du duc du Maine, Louis-Auguste de Bourbon, prince de Dombes. À partir de 1710, les sœurs hospitalières de Sainte-Marthe prennent la direction de l’établissement, qui devient l’hôtel-Dieu de la ville. L’apothicairerie est aménagée dans les années 1731-1735, au moment où l’hôpital se dote d’un espace spécialisé pour la conservation et la préparation des remèdes. La pièce est remarquable par ses boiseries en noyer, attribuées à Jean Noblet, maître menuisier de Villefranche-sur-Saône. Les niches et loggias ménagées dans les boiseries accueillaient les récipients pharmaceutiques. Le contraste entre le bois sombre et le bleu cobalt des faïences donne à l’ensemble une forte lisibilité visuelle. Le plafond peint constitue l’un des éléments les plus singuliers du décor. Réalisé par Jean Lugnot vers 1734, il déploie un trompe-l’œil octogonal, avec balustrade, angelots, pot à onguent, serpents et personnage oriental. Ce vocabulaire iconographique associe références pharmaceutiques, imaginaire de la thériaque et évocation des drogues venues d’Orient, notamment l’opium. La collection de pots permet de reconstituer une partie de la pharmacopée utilisée dans l’établissement. Une commande importante de faïences est attestée en 1735, pour une valeur de 140 livres. Elle aurait permis l’achat d’environ une centaine de pots, dont une soixantaine est encore conservée aujourd’hui. On y relève des hydrolats, des huiles, des sirops, des conserves, des électuaires et des préparations complexes comme l’opiat de Salomon ou l’orviétan.🧭
Pourquoi visiter ce lieu ?
Cette apothicairerie vaut par la cohérence exceptionnelle de son décor et de ses collections. Dans une pièce de dimensions modestes, les boiseries en noyer, les niches, les loggias et les pots pharmaceutiques composent un ensemble lisible, qui permet de comprendre l’organisation concrète d’une pharmacie hospitalière du XVIIIe siècle.
Les faïences de Nevers, commandées en 1735, renseignent directement sur les préparations conservées dans l’établissement : eaux distillées, huiles, sirops, conserves, électuaires, opiats et remèdes composés. Elles donnent à voir une pharmacopée encore marquée par les formes galéniques anciennes et par la place des préparations complexes.
Le plafond peint en trompe-l’œil ajoute une dimension savante et symbolique. Les angelots, le pot à onguent, les serpents et la figure orientale renvoient à l’imaginaire de la pharmacie ancienne, aux drogues exotiques et à la thériaque. La visite permet ainsi d’associer histoire hospitalière, histoire du médicament et culture visuelle du soin.Sources et pour aller plus loin
- Bruno Bonnemain, « Histoire de l’Apothicairerie de Thoissey » , Société d’Histoire de la Pharmacie, 29 mai 2026.
- Max Crochat et Marthe Etcheverria, Histoire et étude de l’apothicairerie de Thoissey,Amis du vieux Thoissey et de son canton, 1995.
- « L’apothicairerie de l’Hôpital de la Charité à Thoissey-en-Dombes », Bulletin de la Société française d’histoire des hôpitaux, 1987, n° 54, p. 9-10.
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