Mémento thérapeutique LATEMA : deux exemples instructifs

Les laboratoires Latema (Laboratoires de Thérapeutique Moderne) a été créé en 1945 par Olivier Gaudin. C’est l’un des laboratoires d’après guerre qui ont misé massivement sur la publicité auprès des professionnels de santé. Ils ont publié en particulier plusieurs exemplaires de « mémento thérapeutique LATEMA », très riches en illustrations et en commentaires. Nous avons choisi ici d’en montrer deux exemples : « les fresques préhistoriques du Tassili » et « la médecine dans l’Antiquité (IVe siècle) ». Il en existe d’autres comme « un manuscrit du XVe siècle » où on peut voir la gravure d’un apothicaire, ou encore « la médecine aztèque », « la médecine étrusque », « objets de médecine primitive », etc.

D’autres formes de publicité ont également été développées par Latema comme la reproduction du traité turc de chirurgie du XVe siècle de Cherefettin Saboundjouoglou, la représentation du médecin vu par ses contemporains ou encore l’histoire de la médecine par les timbres.

Mémento thérapeutique Latéma. La médecine aztèque. Publicité pour Alvityl. Cihuateol, l’une des cinq déesses de la nuit qui provoque les attaques épileptiques, le tétanisme, les catarrhes et les ulcères. Son image porte les signes des maux qu’elle provoque : un flot de sang s’échappe de la bouche et se déverse sur un enfant malade, ses pieds sont tordus, ses yeux coulants et des ulcères couvrent son corps (Codex Vaticanus B, p. 79)

Les fresques préhistoriques du Tassili (les commentaires sont de H. Lhote, attaché au Musée de l’Homme) :

Les fresques préhistoriques qui sont présentées dans ce document ont été relevées lors d’une mission dirigée par Henri Lhote de janvier 1956 à juillet 1957. Les chercheurs ont alors identifié quatre période différentes : I. Période des chasseurs ou du Bubale ; II. Période des pasteurs à Bovidés ; III. Période des guerriers à chars et à cavalerie ; IV. Période du chameau.

 
Boeufs polychromes de Jabbaren. Cette fresque de la période bovidienne nous montre à quel degré de perfection artistique étaient parvenues ces populations de pasteurs. Document H. Lhote

 

Henri Lhote poursuit : « L’analyse des fresques nous a permis d’éclairer d’un jour plus complet la chronologie préhistorique de cette région. Nous avons en effet découvert jusqu’à seize étages différents de fresques superposées qui viennent s’intercaler dans la classification plus haut mentionnée entre la période des chasseurs et celle des pasteurs. »

Scène de chasse de Tamrit (détail). Ce détail remarquable de vie et de mouvement nous montre une action de chasse. L’arme principale des pasteurs bovidiens est l’arc ; on note aussi un javelot. Publicité pour Latépyrine -Quinine.

 

Personnage martien de Sefar. La grande figure à tête bleue ici représentée est sans doute une divinité qu’invoquent les deux personnages du bas. La main blanche est un signe à caractère magique que nous retrouvons fréquemment à cette période du type Martien. Document H. Lhote. Publicité pour Sulfarem.
L’homme aux bandes molletières de Ti-N-Tazarift. Détail d’une grande fresque l’époque bovidienne, représentant des scènes de la vie courante. L’homme, toutefois, appartient à une période dont la position chronologique n’a pas encore été déterminée. Document H. Lhote.Publicité pour Algésal.

« Ce seront tout d’abord de petits personnages schématiques à tête ronde que nous retrouverons plus évolués sur cinq étages différents. Puis apparaîtront les peintures polychromes où l’on note l’apparition d’animaux ; une recherche plus poussée du détail, surtout de l’ornementation corporelle, nous amène à conclure au caractère incontestablement négroïde de ces populations, et c’est là un point capital. »

L’éléphant blanc de Sefar. Contemporain du Grand Dieu Martien de Jabbaren, voici un très bel exemple de l’art animalier de cette époque dont on retrouve la technique à la peinture blanche et le gros cerne rouge caractéristique. Document H. Lhote. Publicité pour Latépyrine
Grand dieu de Sefar (détail). Sur ce détail, une femme couchée sur le dos, au ventre gonflé, au sexe très volumineux, évoque une scène d’accouchement. Elle vient surcharger une antilope d’époque plus ancienne. Document H. Lhote. Publicité pour Sulfarem-Choline

« Nous retrouvons aussi au Tassili quelques éléments datant des périodes du cheval et du chameau. il faut signaler les nombreuses figures de chars de guerre dont la présence nous amène à conclure à une expansion des populations libyennes, jusqu’alors confinées aux régions septentrionales du Sahara, qui les mènera à s’étendre jusqu’aux régions centrales et aux abords du Niger, grâce à la supériorité militaire que leur donnait le char de guerre. »

Les girafes et le chasseur de Ouan Abou. Voici un exemple de l’art animalier des pasteurs bovidiens. La justesse de l’observation ne le cède en rien à l’élégance du graphisme. Document H. Lhote. Publicité pour Nicorine Latéma.
Chars de guerre. Dans cette très intéressante scène de combat, de la période du cheval, nous voyons un char de guerre pénétrant dans un groupe de combattant. Document H. Lhote.Publicité pour N-Oblivon.

Le second mémento thérapeutique LATEMA que nous verrons ici concerne la médecine dans l’Antiquité. Le laboratoire nous indique que « les illustrations sont tirés d’un manuscrit conservé à la bibliothèque de Vienne et qui est une copie d’originaux disparus datant du IVe siècle ».Cette copie fut exécutée en Italie au XIIIe siècle et l’enlumineur italien a curieusement ajouté, en bas des pages et dans les marges, de petits dessins explicatifs à la plume. Les pages les plus originales de cette compilation médicale qui réunit plusieurs traités sont toutes empruntés, sauf une, à l’ouvrage de Lucius Apuleius, dit Barbarus, naturaliste italien de renom qui vécut au IVe siècle de notre ère.

Cet ouvrage, consacré aux plantes et à leurs propriétés médicinales, doit beaucoup à Dioscoride et Pline d’Ancien. l’ensemble a été complété par une illustration extraite du traité « De la Bétoine » attribué à Antonius Musa, médecine de l’empereur Auguste. Un résumé en français du texte latin accompagne chacune des planches. Ce commentaire, parfois en contradiction avec les dessins à la plume du copiste, met en lumière les erreurs d’interprétation de ce dernier. »

Argemenia : pavot sauvage.

1°) pilé frais et appliqué en cataplasmes, guérit les blessures, les ulcères et les plaies cancéreuses. On peut aussi l’appliquer en inclusion (ci-dessous, figure du haut).

2°) mêlé à du vin, il se révèle un remède efficace contre les morsures de serpents (figure du bas).

Artemisia tragantes : armoise.1°) la racine mêlée à du miel calme la douleur des pieds (dessin à la plume en bas à droite) ; 2°) fébrifuge (dessin à la plume en bas à gauche) ; 3°) rend les enfants gais (figure centrale). Publicité pour Latépyrine-Quinine.

La bétoine :

1°) en décoction, une application sur le pied calme admirablement les souffrances de la goutte (figure ci-dessous).

2°) fébrifuge

3°) contre les enflures de la face.

 

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Batrachion : renoncule.

1°) peut dans certains cas guérir la folie. Appliquer sur la tête du malade un cataplasme de feuilles de cette plante ; les lier avec un linge rouge, et ce à lune descendante, quand le Taureau et le Scorpion sont à leur début, et il sera vite guéri (dessin ci-dessous, en haut à gauche).

2°) mêlée à du vinaigre, sa racine efface les « cicatrices noires » et redonne une peau intacte (figure centrale).

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Hedera nigra : lierre.

1°) écrasées dans de l’eau, ses baies font merveille pour dissoudre les calculs vésicaux et les faire éliminer par l’urine (figure du haut, ci-dessous).

2°) contre les morsures de tarentules (figure du milieu).

3°) contre la fétidité des narines (ozène) : mettre le suc de la plante dans le nez (dessin en bas à gauche).

4°) contre les maux de tête : mêler le suc de la plante à de l’huile et à du vin et en faire des applications (dessin en bas à droite).

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Coriandrum : coriandre : 1°) pour faire accoucher rapidement : mettre 11 ou 15 grains de coriandre dans un linge de toile blanche. Qu’un enfant et une jeune vierge l’appliquent sur la cuisse gauche de la parturiente. L’enlever rapidement dès la venue de l’enfant afin que l’intestin ne suive pas figure) ; 2°) vermifuge : la faire cuire dans de l’huile et l’introduire dans l’anus (dessin du haut). Publicité pour Nicéthamide Latéma
Proserpinaca ou Polyganum : renoué. 1°) mêlée à du beure et mise en cataplasme, calme les douleurs et les engorgements du sein (figure du haut). 2°) le suc de la plante, mêlé à de l’eau chaude, est une potion contre la diarrhée (figure du bas). Publicité pour Feraspartyl.
Herba sanguinaria : sanguinaire. 1°) s’emploie contre les morsures des chiens (figure du haut) ; 2°) introduite dans les narines, elle fait saigner du nez et ainsi dégage le cerveau (figure du bas). Publicité pour Latépyrine

Herba verbenaca : verveine (ci-dessous).
1°) in infusion dans du vin, ou mélangée avec du miel, et appliquée de ces deux façons sur les plaies, calme les piqûres de tarentules (grenouilles -dessin du haut, erreur due probablement à une confusion entre les mots ranae et aranae ; 2°) contre la morsure des chiens enragés. On applique la plante sur la blessure d’où coule l’humeur. Ensuite, on prend les graines et on les jette à un coq. Quand il les avale : chance de guérison ; quand il les refuse : signe de mort (fig. du milieu); 3°) remède contre les ictères (dessin du bas)

Satyrion Orchidacées). 1°) si un homme est impuissant, lui donner, par petites quantités, c’est à dire neuf fois en trois jours,de la racine broyée avec des grains de poivre blanc, mêlée à du miel et diluée dans du vin (figure).Publicité pour Tri-Ergyl.
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Bruno Bonnemain
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Date
26 juin 2026
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