Nicolas-Louis Vauquelin
(1763-1829)
en images
« L’histoire de la Pharmacie en France »,
de Maurice Bouvet
Membre de l’Académie des Sciences (1793)
Professeur à l’Ecole Polytechnique (1794)
Professeur à l’Ecole des Mines (1794)
Maître en Pharmacie (1795)
Professeur au Collège de France (1801)
Directeur de l’Ecole de Pharmacie de Paris (1803)
Membre fondateur de la Société de Pharmacie de Paris (1803),
devenue Académie nationale de Pharmacie
Professeur au Museum d’Histoire Naturelle (1804)
Membre de l’Académie de Médecine (1812)
Professeur à la Faculté de Médecine (1820)

Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis,
mai 1963
On voit ici quelques objets associés à Vauquelin
– Sa robe provenant de son costume universitaire de professeur à la faculté de médecine de Paris
– Son fauteuil à l’Ecole de Pharmacie
– La toque de Fourcroy comme professeur à la Faculté de médecine de Paris
– Le tableau de Vauquelin peint par Besselièvre en 1812. Vauquelin avait alors 49 ans.
– La légion d’honneur de Vauquelin
– Une partie du service à café en porcelaine offert à l’occasion de la nomination de Vauquelin comme professeur au Museum.
– Verre portant les insignes de la Légion d’Honneur.
Né à Saint-André-d’Hébertot (Calvados) le 16 mai 1763, d’une famille de cultivateurs modestes, Nicolas-Louis Vauquelin eut, comme premier maître, l’instituteur local Vatel. Il entra à 14 ans comme garçon de laboratoire chez Mesaize, pharmacien à Rouen. Après un court séjour dans son pays natal, il vint à Paris où il entra comme apprenti chez plusieurs apothicaires. L’un d’eux, Chéradame, présente Vauquelin au grand chimiste Fourcroy : celui-ci le prit comme préparateur et en fit son collaborateur et ami. Agrégé, avec le titre de Maître, par le Collège de Pharmacie en 1795, il commença seul, ou avec Fourcroy et d’autres collaborateurs, ses travaux de laboratoire, qui devaient l’amener aux postes les plus flatteurs de l’enseignement de la chimie.
Nommé Directeur de l’Ecole de Pharmacie en 1803, il devint en outre Professeur à l’Ecole Polytechnique, au Collège de France, à l’Ecole des Mines et au Museum d’Histoire naturelle. Il succéda à Fourcroy comme Professeur de Chimie à la Faculté de Médecine, et remplit les fonctions de Chef du Bureau de Garantie à la Monnaie de Paris.

La chaumière de Vauquelin, en 1963
Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963

Vue du Jardin des plantes, côté de l’amphithéatre de l’Orangerie (publié par A. Hauser)
La chaumière de Vauquelin
Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963

Il fut élu membre de l’Institut le 22 Frimaire an 4 (1795) et membre de l’Académie de Médecine le 27 décembre 1820. Il fut en 1803 Membre fondateur de la Société de Pharmacie de Paris, devenue depuis Académie nationale de Pharmacie.
Nommé Chevalier de la légion d’Honneur dès la création de cet Ordre, en 1802, Vauquelin par lettres patentes du 1er avril 1809, fut élevé à la dignité de ChevalierTouché par les mesures politiques qui écartèrent de l’enseignement de hautes personnalités en 1822, Vauquelin se fit élire Député de Lisieux en 1827, et mourut dans son pays natal le 14 novembre 1829. d’Empire.

Statue de Vauquelin dans la cour de la
C’est par son travail acharné et ses qualités remarquables de chercheur qu’il occupa les postes les plus éminents de la profession pharmaceutique.
A Paris, la rue Vauquelin perpétue son nom au cœur du Quartier Latin, à côté de la vieille rue de l’Arbalète où se trouvait l’Ecole de Pharmacie, dont il fut le premier Directeur et l’organisateur.
L’Ecole quitta cette rue vers la fin du XIXe siècle pour occuper son emplacement actuel, avenue de l’observatoire, où elle est devenue la Faculté de Pharmacie.
Lettre de Monsieur Jules Thierry donnant quelques détails sur les débuts de Vauquelin à la Pharmacie Mesaize.
« …La personne qui me racontait souvent ses relations avec Vauquelin, le célèbre chimiste, est morte depuis environ 6 ans ; c’est Monsieur Delahalle; ancien capitaine au long cours, lieutenant de vaisseau sous la première république, qui était le commensal de M. Mézaire pharmacien, place de la pucelle, à Rouen, chez lequel entra tout jeune Louis-Nicolas Vauquelin. Il savait à peine lire à cette époque, mais passionné pour l’étude et très observateur, il écoutait souvent les élèves de la pharmacie causer de leurs préparations, et un jour, tout attentif à ce qui se disait dans le laboratoire, il ne s’aperçut pas que la trappe de la cave était ouverte et dégringola tout l’escalier ; il faillit se briser le crâne ; mais il en réchappa heureusement, et les élèves se moquant de son é tourderie ne l’appelaient que grand nigaud, grand dadais et lui disaient qu’il ne ferait jamais qu’un rince-bouteilles.
Une rage ambitieuse gonfla la poitrine du jeune Vauquelin, qui voulant se venger, le fit en homme de génie. Il courut chez le curé de la paroisse Saint-Vincent et le supplia de l’instruire. ce fut par le digne ecclésiastique qu’il reçut les premiers éléments de son instruction. Il travaillait la nuit sur les marches de l’escalier, éclairé d’un bout de chandelle qu’il dérobait à la cuisine, et aussitôt qu’il entendait M. Mézaire faire sa visite dans les chambres de ses élèves, Vauquelin éteignait précipitamment sa lumière et allait bien vite se coucher et faire semblant de dormir. Dès le petit jour, bien avant l’ouverture de la boutique, il s’esquivait de chez son patron et allait prendre sa leçon chez son curé. Au bout de quelque temps, Mézaire s’étant aperçu des progrès de son garçon de course, et ne voulant pas le faire monter chez lui au rang d’élèves à cause des autres élèves qui se montraient déjà fort jaloux, Mézaire, dis-je, l’envoya à Paris où il ne tarda pas à se faire remarquer par Fourcroy. Vous savez le reste… »
L’œuvre scientifique de Nicolas Vauquelin (extraits de l’article de Georges Champetier, Moniteur des Pharmacies, 1963, n°569 bis)
Nicolas Vauquelin appartient à la lignée des Savants qui, à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, ont donné à la chimie ses bases expérimentales en découvrant de nombreux éléments et en déterminant la composition de nombreuses espèces chimiques. Toute la science chimique reposait alors sur l’analyse ; en quelques années, Nicolas Vauquelin devint l’un des analystes les plus réputés de son temps. Bien vite Fourcroy l’associa à ses travaux, à ses publications et à son enseignement. En chimie minérale, ses deux découvertes les plus marquantes son celle du chrome (voir plus haut) et de la glucine.

Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963
A l’Ecole des Mines, N. Vauquelin effectuait de très nombreuses analyses de minéraux, les uns que lui fournissait l’abbé Hauy, l’éminent cristallographe, les autres qu’il découvrait dans les collections de cet établissement. Il s’intéressa à la leucite et aux cendres de volcan, aux stéatites, à la chrysolithe, au rubis spinelle, aux topazes, aux hyacinthes, à la gadolinite, au wolfram. Il montra l’identité de composition de la titanite et de l’anatase. Il établit la présence de la soude dans la cyolithe du Groeland et prouva que le béryl de Saxe n’était autre qu’une apatite. On lui doit des analyses de la topaze, de la cérite, du diaspore, de la chlorite, de l’ochroïte, de la pechblende, de cuivre carbonaté, de mines d’antimoine et de beaucoup d’autres minéraux.

Nomination de Maître en Pharmacie de Vauquelin
Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963


Lettre de l’Agence des Mines de la République au citoyen Vauquelin
concernant le commerce des crayons
Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963

Nomination de Vauquelin comme examinateur
des élèves à l’Ecole Polytechnique
Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963

Nomination de Vauquelin comme Inspecteur des Mines
par le comité de salut public
Illustration du Moniteur de Pharmaciens,
n°569 bis, mai 1963

Nomination de Vauquelin comme Professeur au
Museum d’histoire naturelle
Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963
Par ses travaux sur la respiration des insectes, des vers, des limaces et des escargots, Vauquelin est aussi l’un des fondateurs de la chimie physiologique. Il a montré l’unité des phénomènes respiratoires chez tous les animaux, l’assimilation de l’oxygène et son utilisation pour former le gaz carbonique. Savant modeste et sans passion dans ses écrits, aimant la simplicité dans sa vie, comme dans ses travaux et dans l’exposé de ses recherches, Nicolas Vauquelin a cependant marqué de son empreinte tous les domaines de la chimie de son époque. Analyste exceptionnel, n’ayant confiance que dans les faits, il répugnait aux théories nouvelles, s’en tenant à celles de Lavoisier et de Fourcroy, aussi son œuvre a surtout un caractère expérimental. Mais les faits qu’il a solidement établis ont servi de bases pour de nombreux développements ultérieurs.
« Cet homme si supérieur et si recommandable par son mérite et ses talents était simple et modeste ; sa vie était celle d’un patriarche. La lecture et le travail occupaient tous ses instants ; cependant l’amour de la science n’avait pas absorbé toutes les facultés de son esprit, et la littérature ancienne et moderne lui offrait des charmes. Horace et Virgile étaient ses auteurs favoris ; il les possédaient complètement et souvent en faisait les citations les plus heureuses ; il avait également pour la bonne musique un goût prononcé que son ami et compatriote Boieldieu n’avait pas peu contribué à lui donner. »
CHEVALIER

Nomination de Vauquelin comme
Chevalier de l’Ordre de Saint-Michel
Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963

Nomination de Vauquelin au Collège de France
Illustration du Moniteur de Pharmaciens, n°569 bis, mai 1963














