Les bals de la
Pharmacie Française
à Paris
Bien que nous ayons peu d’informations historiques sur les bals de pharmacie à Paris, les programmes et menus diffusés à ces occasions nous donnent un aperçu de cette tradition centenaire. Grâce à notre collègue Patrick Pellerin qui a fait don à la Société d’histoire de la pharmacie de ces documents, nous avons pu analyser les ouvrages parus en 1934, 1949, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955 et 1957. Nous nous proposons ici de vous faire partager quelques illustrations de ces documents qui ont accompagnés la vie des étudiants en pharmacie sur ces quelques années.
C’est grâce au programme de 1951 que l’on peut découvrir un peu l’histoire de cette tradition. Le programme de cette année là précise en effet que le bal de la pharmacie française hérite d’une longue tradition de grandes soirées de gala et de bals fastueux qui, depuis 1901, ont eu un prestige grandissant. « Après n’avoir été que la fête annuelle de bienfaisance de l’Association des Etudiants, elle devint, avec le concours de nombreux Pharmaciens, et membres des différents Conseils de l’Ordre, Syndicats, Sociétés et Associations qui existent encore dans notre profession, la fête annuelle de la grande famille pharmaceutique ». Quelques années plus tard, le programme du bal, en 1957, allait un peu plus loin dans l’explication. La première manifestation artistique donnée par l’Association Amicale des étudiants en pharmacie avait effectivement eu lieu en 1901 au Théâtre de la Renaissance sous le titre de la matinée des « Bérets verts ».
Mais l’Association des étudiants existait depuis 1896, date à laquelle Berger, un étudiant de 3ème année et ses camarades avaient décidé de créer une Association d’étudiants en pharmacie, indépendante des autres Facultés. Le Comité de direction de cette Association avait été élu au café Procope. Installée rue de la Seine, puis, en 1898, 85 Boulevard Saint-Michel, l’Amicale sera à l’origine d’une Revue, la « Pharmacie Française ». Les statuts de l’Association précisaient : « sa durée est illimitée ainsi que le nombre de ses membres ». Son activité se ralentit après 1945. La « Pharmacie Française » ne paraît plus que tous les trimestres. Finalement, en 1968, certains membres participent à la création de l »Association Nationale des Etudiants en Pharmacie de France (ANEPF). Cette création va accélérer l’extinction de l’Amicale.
Wikipédia nous indique que Henry-Laverne (de son vrai nom Henri Allum) était un acteur comique français né le 29 septembre 1888 à Boulogne-sur-Mer et décédé le 4 septembre 1953 à Saint-Quay-Portrieux. Il connut la gloire en formant le duo Bach et Laverne avec le comique troupier Bach. Ils enregistrent 157 titres sur des disques 78 tours dont la plupart sont des sketches sous l’intitulé générique Le Petit Théâtre Phonographique, entre 1928 et 1938 Quant à la caricature de Souplex, il s’agit sans doute de Raymond Souplex, qui, avant de devenir célèbre au cinéma (« Les cinq dernières minutes »), était chansonnier et se produisait dans des cabarets et cafés-théâtres parisiens, dont le Caveau de la République et le Théâtre des Deux Ânes .
Bal 1949
Le programme du bal de 1949 commence par un constat : l’Association sort d’une crise financière après la deuxième guerre mondiale ! Mais elle reste fidèle au poste « pour réunir les jeunes et leurs aînés » d’une même profession. Le programme des attractions est imposant : La jeune cantatrice Janine Houel, les célèbres fantaisistes Patrick et Valmance, la vedette de la Radio et du Music-Hall Rose Mania, le compositeur Henry Leca et le prince des imitateurs, Jean Reymond se succèdent dans le Grand Salon d’honneur de l’Hôtel Continental.
Bal 1951
* Robert Rocca fit ses débuts en 1932 à la Vache Enragée , nous indique Wikipedia, puis se produisit dans plusieurs cabarets parisiens. Avec Jean Valton, il fit les beaux jours du Caveau de la République. Il fut également dans les années 1950-1960 avec son compère Jacques Grello un des piliers des émissions télévisées satiriques du dimanche La Boite à sel et le Grenier de Montmartre, ainsi que de l’émission Le Club des chansonniers sur Radio Luxembourg.

©Photo Bruno Bonnemain
En cette année 1952, le Bal de la Pharmacie française garde la tradition : de nombreuses attractions sont programmées avec Pierre Destailles (célèbre chanteur montmartrois), Claude Vega (imitateur) et Michel Vaquez (Lauréat des 6 jours de la chanson). Mais Claude Sabatou (Miss la Parisienne 1952) présente le spectacle avec Mouloudji, Miss Fortunia (du Crazy Horse Saloon), et Simone Coryn (du Casino de Paris). Les publicités sont plus nombreuses que jamais et de nombreux dessins agrémentent le programme. Pour la première fois apparaît un dessinateur qui restera plusieurs années présent dans le programme du bal : Jean-Michel Jouany, étudiant de 4° année en 1952.
Cette année-là; l’orchestre est toujours celui de Fernand Bouillon, avec Jean-Claude Valeur (« and his therapeutic Jazz-band ») et le chanteur de blues Al Fats Edwards, avec le pianiste Art Simmons

©Photo Bruno Bonnemain
On remarque un dessin « Clysterium Donare » qui orne le nouveau bar de l’Association des étudiants !!
L’année 1954 ressemble beaucoup à la précédente. L’humour y est présent avec les dessins de Jouany : à noter celui sur Parmentier qui s’exclame : « Ah ! mon fils, quelle patate ! ». Et le spectacle est à la hauteur de la réputation du bal de la Pharmacie : Armand Mestral y est présent à côté d’Eddie Constantine et de Colette Mars, Nicole Louvier, Mireille Lacoste, Christian Genty, etc. Fernand Bouillon est toujours présent mais il y a aussi d’autres orchestres. On trouve également Miss Quinine 1954 présentée par la Société « La Quinine Pelletier »
En 1955, les artistes s’appellent Renée Lebas, Jean Rigaux, Paulette Rollin et Jean Donda. Ils sont accompagnés des Ballets d’Andalousie et du toujours fidèle orchestre de Fernand Bouillon. Publicités et dessins humoristiques sont aussi nombreux et Jouany occupe une bonne partie du programme avec ses dessins et affiches. Quant à 1957, on y retrouve Jacques Meyran, Robert Rocca, François Deguelt et Solange Berry. et bien sûr Fernand Bouillon. Parmi les informations que l’on peut glaner cette année-là, les organisateurs nous informe que la revue de l’Association, « La Pharmacie Française », avait été lancée auprès des pharmaciens par Moissan lui-même !








































