Le Dictionnaire des plantes médicinales
illustré par le timbre (13)
Nous poursuivons la lettre Q et R de l’album de Henri Bonnemain consacré aux plantes médicinales illustrées par les timbres de tous les pays.

Argentine
QUEBRACHO : Loxopterygium lorenzii Griseb., Térébinthacées.
Arbre des forêts du Sud-Est de la Bolivie, du Sud-Ouest de Matto-Grosso (Brésil), de l’Ouest du Paraguay et surtout en République Argentine où il abonde dans des forêts couvrant 700 000 kilomètres carrées. L’écorce utilisée est en gros fragments plats et assez assez lourds. L’odeur est nulle, la saveur amère et astringente. Le bois très dur (Québracho signifierait « Brise Hache ») a une densité de 1.23 à 1.39. Plus lourd que l’eau.
Le Quebracho rouge ou Québracho Colorado croît dans la République Argentine et dans la Province de Tucuman.
Propriétés thérapeutiques :
QUINQUINA : Cinchona officinalis L., Rubiacées.
Cinchona vient du nom de la Comtesse Del Cinchon qui joua un rôle important dans l’histoire du Quinquina. Les Cinchonas sont des arbres de 10 à 25 mètres de haut ou des arbrisseaux. La composition des Quinquinas est complexe et variable, suivant l’écorce, l’espèce qui la fournit, sa provenance géographique, son origine (spontanée ou cultivée), etc.
Propriétés thérapeutiques :
On utilise les propriétés toniques et digestives du Quinquina plus que les propriétés fébrifuges et antipériodiques pour lesquelles on s’adresse plutôt aux alcaloïdes et surtout à la quinine.
Comme amer et digestif, il est d’un emploi très courant et souvent exagéré. La poudre de Quinquina est employée à l’extérieur comme topique dans les ulcères atoniques ou fétides, les escarres sacrées. Elle entre dans la composition de poudres antiseptiques et aussi dans diverses poudres dentifrices.

Pologne

Congo Belge

Cuba

France

Vietnam
RAUWOLFIA : Rauwolfia serpentina, Apocynacées.
1000 ans avant J.-C., le Rauwolfia serpentina était déjà mentionné dans un très ancien livre Hindou : le Charak. les habitants des contreforts de l’Himalaya utilisaient la racine de cette plante pour diverses affections allant de la morsure de serpent aux psychoses. Le Rauwolfia serpentina est dispersé dans une aire géographique assez étendue. on le trouve sur le versant sud de l’Himalaya, dans les régions de Dehradun, des Ghats. Mais ce n’est pas une plante uniquement indienne. Elle a été signalée également en Birmanie, en Cochinchine, à Java, à Ceylan et aux Philippines. C’est un arbustre d’environ 1 mètre à tige cylindrique. Si on la brise, il s’en écoule un latex clair et visqueux. la racine, partie la plus utilisée (consommation annuelle : 10 Tonnes) est conique et tortueuse. On en extrait 18 sortes d’alcaloïdes (1966). D’autres devraient être isolés ultéreurement.
Propriétés thérapeutiques :
Chacun des 18 alcaloïdes ayant une thérapeutique nettement déterminée, les indications sont nombreuses et variées.
RENONCULE : Ranunculus L. , Renonculacées. TOXIQUE.
Plante vivace, assez robuste, à tige ramifiée de 30 cm à 1 mètre. Très commune dans les prés humides, les fossés, les bois frais, au bord des chemins, elle fleurit en mai-juillet et parfois transforme toute la prairie en un tapis jaune, sans charme pour l’agriculteur qui connait la toxicité de la plante. La Renoncule est un poison âcre, rubéfiant et vésicant. Fraîche, elle provoque d’abord une sensation de brûlure dans la bouche et à la gorge, la salivation, la stomatite avec formation de cloques, des nausées, une violente inflammation de l’estomac et de l’intestin, des vomissements, des coliques, la diarrhée, une intense sécrétion urinaire douloureuse et sanglante, des vertiges, faiblesses, syncopes, parfois la mort. Cette toxicité disparait par la dessication ou la cuisson.
Propriétés thérapeutiques :
Fraîches, les Renoncules peuvent être utilisées (avec prudence) comme vésicatoire. La Renoncule « Bouton d’or » est employée dans quelques localités contre les fièvres intermittentes rebelles (Fièvre quarte). On l’emploie également contusée contre la gale, les dartres, etc.
RHUBARBE : Rheum palmatum L., Polygonacées.
La Rhubarbe est fournie par une plante herbacée vivace, par ses portions souterraines. On est à peu près d’accord actuellement pour admettre que la Rhubarbe de Chine provient de plusieurs espèces. Ces diverses espèces, cultivées en Europe, donnent des produits qui se rapprochent de la drogue chinoise, tandis que les rhubarbes européennes sont très différentes. C’est une des substances les plus anciennement connues, mais dont l’origine réelle a été trouvée plus tard. La Rhubarbe serait citée dans les écrits de l’Empereur Shen-Nung (2 700 ans avant J.-C.).
Propriétés thérapeutiques :
Eupeptique et tonique amer à faibles doses, dans le cas d’atonie gastrique. C’est surtout un purgatif doux qui convient aux convalescents, aux vieillards, aux débiles et aux anémiés. Ses principes colorants passent dans le sang, les urines, la sueur et le lait. Le lait devient alors purgatif pour le nourrisson.
RICIN : Ricinus communis L., Euphorbiacées.
Le Ricin est une belle plante à variétés nombreuses; annuelle chez nous (2 m au plus), vivace et arborescente (5 à 12 m) dans les climats chauds. Le fruit sec est une capsule tricoque, épineuse qui s’ouvre élastiquement en projetant 3 graines. Ces graines toxiques sont utilisées pour l’extraction de l’huile. La toxicité des graines n’a été vraiment reconnue qu’au XVIe siècle. les cas mortels sont relativement peu nombreux, mais les accidents graves abondent. Trois ou quatre graines peuvent tuer un enfant (et) les animaux après absorption de tourteaux de Ricin. La ricine contenue dans les graines est très toxique. C’est un coagulant énergique du sang. la dose mortelle pour un homme de 60 kg est de 3 g. de tourteau ou une dizaine de graines. Ces graines n’ont aucun mauvais goût à l’ingestion, ce qui augmente le danger. L’huile de Ricin se présente sous l’aspect d’un liquide épais, visqueux, limpide, incolore ou très légèrement teintée de jaune.
Propriétés thérapeutiques :
Purgatif doux et sûr. Ingérés à jeun, 10 à 30 g. produisent en 3 ou 4 heures une ou plusieurs selles abondantes, sans coliques. Cette huile ne produit aucune irritation intestinale. C’est le purgatif de choix au cours de la grossesse.

Guyane anglaise
RIZ : Oryza sativa L., Graminées.
Dans l’alimentation, on se sert exclusivement du Riz débarrassé de la totalité des téguments (enveloppe). C’est le Riz glacé. Au contraire, on donne le nom de Paddy au Riz en grains munis de leurs enveloppes. Ces enveloppes sont riches en matières protéiques et en Vitamine B1 (Antibéribérique).

Chine
Propriétés thérapeutiques :
Fleurs à corolle bleu pâle ou lilas maculées intérieurement de petites taches violettes. La corolle forme deux lèvres inégales.
Les feuilles portées sur des rameaux sont opposées, longues et linéaires, dures, raides, coriaces, épaisses, cassantes et vert foncé.
ROMARIN : Rosmarinus officinalis L., Labiées.
Le Romarin, dit en Provençal Roumantéou, n’est pas moins populaire que la Lavande. C’est un arbrisseau méridional toujours vert de 50 cm à 2 mètres. Très aromatique, très touffu, à rameaux nombreux, dressés et très feuillus. Très prisé des Anciens, le Romarin ne jouait chez eux qu’un rôle médicinal infime. C’est dans les cérémonies religieuses, les réjouissances publiques et intimes qu’il tenait une place de choix, comme symbole de l’amour, du mariage et de la mort. Au XVIe siècle, on commença à en distiller les fleurs avec de l’alcool et l’on en composa la célèbre « Eau de la Reine de Hongrie », ainsi nommée parce que la Reine Isabelle, à l’âge de 72 ans, se guérit par ce moyen de rhumatismes douloureux.
Propriétés thérapeutiques :
On emploie surtout les feuilles en infusion comme stimulant, diurétique, cholagogue et vermifuge. En usage externe, comme résolutif et astringent.
RONCE : Rubus fructicosus L. , Rosacées.
La Ronce est un arbrisseau buissonnant très commun dans les haies, les lieux incultes, etc. On en a décrit pour la seule Europe plus de 1500 espèces, avec d’innombrables variétés. En voici le signalement du Dr H. Leclerc : « Rien de plus méchant que cette plante dont les tiges souples, rouges et épineuses jaillissent dans tous les sens des buissons et s’étendent au loin, agrippant les passants avec la férocité d’une pieuvre ; pas une de ses parties qui ne soit prête à griffer : le pédoncule de ses fleurs, les divisions de son calice, les nervures elles-même de ses feuilles sont armés de fins aiguillons ».
» Le vieux est mort, ses héritiers lointains ont négligé le pacage dont ils n’avaient sûrement que faire et la Ronce est sortie du rang » (Pierre Ferran : « Le livre des mauvaises herbes »).
« Les Ronces présentent en effet une infinie variété d’espèces et de formes dont il n’est nullement nécessaire de tenir compte lorsque, la canne en main, écorchés, griffés, barbouillés de jus pourpre, nous cueillons les délicieuses mûres ».Pierre Lieutaghi. Le livre des bonnes herbes.
Propriétés thérapeutiques :
Les feuilles qui contiennent du tanin sont employées comme astringent léger sous forme de décoction contre les maux de gorge, et parfois contre la diarrhée et les hémorroïdes.

Bulgarie
ROSIERS : Rosa gallica, Rosacées.
Arbrisseaux généralement peu élevés, à racines rampantes et tiges de 30 cm à 1m50, à fleurs presque simples à l’état sauvage, très doubles dans les races cultivées, largement ouvertes, d’un diamètre très variable. Il fleurit en juin-septembre.
L’espèce Rosa gallica a donné une multitude de formes et d’hybrides, cultivé depuis la plus Haute Antiquité.
Les principales races issues de là sont la Rose à « cent feuilles », la Rose blanche et la Rose de tous les mois, vieilles espèces horticoles essentiellement populaires.
La Rose rouge croît spontanément dans le bassin méditerranéen septentrional depuis la Provence jusqu’à l’Arménie. La Rose à « cent feuilles », issue du type « Gallica », était également connue de l’Antiquité.
Très anciennement aussi, la Rose de tous les mois fut apportée de Syrie en Grèce, d’où les colons grecs l’introduisirent en Italie.
Si la Rose rouge ne fut connue que très tard des Egyptiens, elle était dès longtemps utilisée en Grèce comme astringent. Dioscoride énumère toute une série d’applications des plus variées de cette propriété.
En Orient, chez les Arabes et plus tard encore longtemps en Europe, on continua à attribuer une action quasi miraculeuse aux divers produits de la Rose, macérations dans l’huile, le vin, le miel, conserves, essences, etc. Tous bien déchus aujourd’hui de leur Antique célébrité.

Hongrie
Essence de Rose :
ROSIERS (suite) :
Emploi thérapeutique :
Actuellement insignifiant ; l’essence de Rose doit, d’après le Codex, être employée dans la préparation du Cérat à la Rose et du Cold Cream.
En revanche, en parfumerie, l’emploi est considérable, surtout parce que, comme le Musc et l’Ambre gris, la Rose fixe et exalte les autres odeurs.
Wikipedia
Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5000 ans et en Grèce depuis l’âge du bronze.
Littérature et poésie antiques se réfèrent souvent à la rose sans qu’il soit aisé d’en définir l’espèce ou la variété avec certitude.
Hérodote rapporte que le roi Midas au VIe siècle av. J.-C., lorsqu’il a été chassé de Lydie par les armées perses, a emporté ses roses dans son exil en Macédoine. Et le naturaliste grec, Théophraste, décrit une rose à nombreux pétales, une forme de Rosa canina, cultivée dans les jardins. Il décrit des roses rouges, roses et blanches, et note l’intensité du parfum de la rose de Cyrène.
Pline l’Ancien dans son Histoire naturelle décrit vingt sortes de rosiers nommées par le nom de leur lieu de provenance. Leurs descriptions permettent des suggestions d’identification :
- la rose de Præneste semble être Rosa gallica versicolor ;
- la rose de Campanie est une forme de Rosa ×alba semiplena ;
- la rose de Tachys est une forme de rosa damascena ;
- la rose de Milet rouge à une dizaine de pétales est une variété de Rosa gallica ;
- la rose de Pangée est une autre Rosa gallica ;
- la rose d’Alabande est une Rosa ×alba ;
- la rose d’automne ressemble à Rosa sempervirens ;
- Spinolea est Rosa pimpinellifolia Myriacantha ;
- Rosa gallica officinalis est alors la source de l’essence de rose que les Romains utilisent en grande quantité comme les pétales. Ils confectionnent des couronnes et des guirlandes de pétales, en jonchent le sol et en remplissent des coussins. Lors des banquets, si une rose est suspendue, hommage à Harpocrate, dieu du silence, les invités doivent garder secrètes les paroles échangées « sous la rose ». Les Romains en utilisent de telles quantité que la culture de la rose devient localement une activité économiquement importante et que Rome importe aussi par bateau des roses d’Égypte (dont c’est alors la plus importante exportation vers Rome), de Carthage et de Cyrénaïque (l’actuelle Libye). La rose de Paestum chantée par Virgile est vraisemblablement R. damascena et la rose de Campani, R. alba.
Ainsi du VIe siècle av. J.-C. au IIe siècle, durant toute cette période de domination grecque puis latine, les roses circulent de Perse en Angleterre, de Grèce en Égypte.
Au Moyen Âge comme pour la période antique, la rose est extrêmement présente dans la société laïque et religieuse mais les données permettent rarement une identification précise : au VIe siècle, les couvents cultivent des roses, le roi Childebert Ier possède une roseraie (des roses de Paradis d’après l’évêque Fortunat) dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés9. Et au VIIIe siècle, le Capitulaire De Villis de Charlemagne cite les roses parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle à la veille des croisades, Albert le Grand note comme rosiers cultivés Rosa rubiginosa, Rosa canina, Rosa arvensis et Rosa ×alba.
Pendant cette première phase de domestication et d’utilisation des rosiers indigènes, les rosiers sont multipliés par drageons et boutures. Les introductions de nouveaux taxons étaient limitées aux grands axes commerciaux, de proche en proche : de la Chine orientale à la Chine centrale, de l’Orient au Proche-Orient et du Proche-Orient à l’Europe. Les mutations ont certainement joué un rôle important par exemple le caractère moussu de R. centifolia ou l’intensité des coloris de R. gallica, la transformation d’étamines en pétales (duplicature).
Hongrie
Wikipedia :
Avec les roses de Provins, on faisait de nombreux produits utilisés comme remèdes. La recette est donnée par deux médecins, Charles Estienne et Jean Liebault en 1583. Elle consistait à distiller de l’eau de roses de Provins avec des roses blanches dans des récipients de verre et non de plomb afin de garder l’odeur et la saveur des fleurs.
L’infusion, aussi appelé sirop de roses, avait la réputation de guérir certains maux de ventre, et d’être utile aux fièvres tierces, à la jaunisse, à désopiler le foie et à la palpitation du cœur.
L’onglet des pétales, en décoction, était utilisé dans le but d’arrêter toutes sortes de flux, tout comme le gobelet, la graine et la laine contenues dans le bouton à rosé, comme ce bouton séché et réduit en poudre, pris dans du vin vermeil austère (qui est un gros vin rouge âpre et vieux).
Les provinois en faisaient un médicament connu sous le nom de conserve liquide et une conserve sèche, plus fantaisiste que médicinale. On vendit longtemps roses sèches et conserves aux grandes foires de Champagne et de Brie d’où elles passaient dans tout le royaume de France, à l’étranger jusqu’en Orient

Roumanie
ROSIER SAUVAGE : Rosa canina L., Rosacées.
Innombrable sont les races et variétés de Rosiers-sauvages, très connus sous le nom d’Eglantier. Leurs distinctions, souvent des plus ardues, sont du domaine des seuls botanistes. Du point de vue médicinal, ces distinctions sont sans importance.
Répandues partout, dans les buissons, les haies, les bois, sur les coteaux, les talus, dans toute l’Europe, le Nord de l’Afrique et une grande partie de l’Asie, les Roses-sauvages épanouissent en mai-juin leurs grandes fleurs rose pâle, rose vif ou blanches. Celles-ci, pauvres en nectar sont peu visitées par les abeilles. La meilleure époque pour récolter les cynorrhodons est celle des premiers froids, qui les rendent pâteux et plus savoureux. on en fait une confiture ou une gelée très appréciées dans l’Est de la France, en Allemagne et en Suisse.
Propriétés thérapeutiques :
Les fleurs s’utilisent parfois comme celles des roses pâles en qualité de laxatif léger. L’action irritante des « poils à gratter » a été utilisée comme vermifuge infantile. 15 à 30 g. dans du miel. En Suisse, l’absorption des cynorrhodons entiers passe, dans le peuple, pour un bon remède contre le Ténia. La partie charnue de ces fruits renferme 20 à 25% d’une pectine antidiarrhéique, et est très riche en Vitamine C détruite à la cuisson.

Autriche





















































































